Le syndrome Meetic dans le recrutement

Le Syndrome Meetic dans le recrutement

CV or not CV

CV or not CV

Vous êtes recruteur, RH ou chef d’entreprise et vous accusez une forte déception sur un CV qui semblait correspondre ? Rassurez-vous, ce n’est pas un cas isolé, c’est même, sans doute, « générationnel » ! Pour ma part, j’appelle cette situation le syndrome Meetic, ou comment être déçu par un candidat.

Meetic, le CV parfait

Le CV est bien rédigé, la lettre de motivation tient la route et en plus il a une bonne tête. bien entendu, tous ces critères sont subjectifs / objectifs et capitalisent sur l’émotionnel mais, soyons honnêtes, ces éléments rentrent en ligne de compte. D’autres diront que la photo est discriminante, que nous ne pouvons pas juger sur une photo mais lorsqu’elle est là, et bien, on ne peut pas passer à côté !

Alors vous avez votre CV, vous avez vos émotions et, tout comme sur Meetic, vous cliquez sur « j’aime » ou non. Le CV, comme un profil Meetic est censé représenter la meilleure image de soit même. La plus belle photo, ses traits de caractères (positifs ou le coup des défauts qui n’en sont pas), ses loisirs/passions, bref, le BONHEUR. Le CV, lui, doit nous donner une image globale d’une expérience professionnelle, les compétences du candidat et son palmarès universitaire. En qualité de recruteur, il est évident que nous attendons certaines informations sur un CV en rapport avec le poste à pourvoir, au même titre qu’une personne en quête d’amour attend des points communs. Si ces attentes matchent avec les nôtres, on y va ! Les candidats comme les transitaires de l’amour rédigeront donc un CV / profil qui leur ressemble, enfin, qui ressemble à ce qu’ils s’imaginent être…

Fausses ressemblances où le CV controversé

Vous avez votre CV / Profil idéal, c’est sûr, c’est le bon, l’entretien ou le rdv ne sera qu’une formalité. Cabinet de recrutement à 6000 € HT le profil ou agence matrimoniale n’ont rien compris, la vraie vie, c’est sur Meetic ou Monster que ça se passe. Vous rêvez, anticipez, envisagez au point de laisser de côté les autres prétendants. C’est le jour J, votre candidat se présente et vous attend dans la salle de réunion. C’est le jour J, la belle ou le beau est à une terrasse de café, il/elle boit son café et vous attend. Il fait beau, les oiseaux chantent et réside une plénitude dans votre open space. Le poste de travail est prêt à accueillir votre nouveau collaborateur, votre maman vous attend avec votre nouveau compagnon dimanche midi, les agrafes sont déjà dans l’agrafeuse, vous avez même préparé son adresse mail et sa brosse à dent !

Les premières minutes d’un entretien

Les premières minutes d’un entretien sont primordiales, nous n’avons qu’une seule fois la chance de faire une première bonne impression. Recruteur ou recruté, votre image de l’autre se fait sur les premières minutes. En début d’un entretien, je fais, d’ailleurs, souvent le parallèle entre l’entretien de recrutement et une relation amoureuse :  » l’idée est de voir si ça passe, si vos valeurs ne correspondent pas aux nôtres et inversement, on finira par rompre, et ce n’est pas ce que nous voulons ». L’objectif est donc de savoir si le profil répond à nos attentes et si, en qualité d’entreprise, nous sommes en mesure de séduire le candidat (Cf. qualité de vie au travail) tant sur le contenu du poste que vis-à-vis de notre culture d’entreprise.

Vous êtes face à face, vous attendez la révélation et vous commencez l’entretien. Il y a un truc qui cloche mais c’est sans doute le stress, alors vous rebondissez et redoublez d’effort pour vous rassurer. Les minutes passent et, toujours pas le coup de foudre, c’est sûr, c’est le stress ! Vous creusez, vous posez des questions, vous attendez que le candidat se libère, vous le provoquez. Et non… il ne se passe rien… il est à côté de la plaque, vous n’arrivez pas à ouvrir les échanges, à créer du dialogue, ses réponses ne remplissent pas votre grille d’analyse, vous séchez même sur les sujets à évoquer… C’est vide, objectivement, vous perdez votre temps et vous le savez. Cette prise de recul est difficile mais vous vous souvenez du conseil de votre DRH, votre patron ou votre père : « s’il y a un doute, alors laisse tomber ». Vous êtes face à cette situation, vous avez un doute, c’est difficile mais autant se rendre à l’évidence, il faut laisser tomber.

Le syndrome Meetic où la déception du recruteur célibataire

Comment avez-vous pu vous tromper à ce point ? Et bien, n’importe qui se serait trompé de la même façon. Photoshop, Word, PDF sont des outils maîtrisés par les candidats. Les sites sur « comment se faire embaucher » ou « comment réaliser un beau CV » inondent le web, il n’y a qu’à se baisser pour construire un beau CV. Alors les candidats appliquent et vous donnent ce que vous voulez sur le papier / l’écran. Pensez à cette jeune femme qui s’attendait à voir George Clooney et qui a rencontré George Plooney, elle s’imaginait déjà en Sicile, main dans la main, avec le beau ténébreux… Avec de l’expérience, on sait ce qu’attendent les recruteurs, les femmes et les hommes, le poser sur un CV ou un questionnaire reste accessible. Seul un entretien ne pourra que valider, ou non, votre coup de foudre émotionnel. Alors pas de panique.

Moralité de l’histoire : savoir recruter, c’est savoir border

Si j’ai un conseil à vous donner pour gagner du temps ou ne pas en perdre, c’est de mettre en place un appel téléphonique de courtoisie pour valider l’intérêt du candidat, prétexter un appel permettant de valider le CV et les expériences par exemple (oubliez le mail, ça aussi peut se travailler). Vous aurez ainsi un avis formel sur votre profil idéal. Charge à vous de planifier un entretien par la suite où en rester à ce simple appel.

La bonne nouvelle, c’est que Meetic, ça marche ( » happy ends « ), vous pouvez, donc, rester sur vos méthodes et prendre le risque d’être déçu, ça finira par payer ! La seule différence, maintenant, c’est que vous serez averti de l’existence du syndrome Meetic et canaliserez votre déception. Si vous avez encore un doute, pensez à vous former au recrutement !

Vous verrez, vous appellerez votre prochain candidat Georges Plooney si ça ne le fait pas 😉

 

Note de la rédaction : loin de nous l’idée de penser que Meetic tend à proposer des candidatures fallacieuses dans le cadre d’un recrutement, il conviendra que seuls les candidats restent responsables de leur profil et que Meetic ne saura être tenu pour responsable de la qualité de ses profils / CV. Il y a en a des très bons d’ailleurs ! Les Happy Ends communiquées par Meetic.fr montrent, clairement, que ça n’arrive pas qu’aux autres !

CNFCE

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